La médecine prédictive

Programmé… mais libre!

«Je crains le jour où la technologie remplacera les interactions humaines. Nous aurons alors créé une génération d’idiots» a écrit Einstein.

Partager nos savoirs, nos vécus, nos questions, nos émotions sur des enjeux de santé à partir d’une œuvre cinématographique, c’est la mission de la Maison de la Médecine et de la Culture qui accueille toute personne engagée dans la transmission du prendre soin dans la cité (universitaires, soignants, patients, citoyens).

La médecine prédictive sera abordée à partir du film de Mike Niccol « Bienvenue à Gattaca » (1997).

A l’heure du séquençage du génome accessible ou bientôt accessible à tous, il est bon de se rappeler que la personne humaine n’est pas réductible à sa maladie ou à son risque de maladie, n’est pas réductible à ses gènes ou à une médecine dite « personnalisée ».

Arnold Munnich dans son ouvrage « Programmé mais libre » nous met en garde contre la propagande et les impostures des tests génétiques dans les maladies communes. Il recommande aux médecins l’humilité, la prudence et la précision dans l’information éclairée délivrée aux patients et à leurs familles.

Nous voudrions rapporter aussi le travail de Katrin Solhdju, historienne et philosophe des sciences, membre du collectif Ding Ding Dong, institut de coproduction du savoir sur la maladie de Huntington ou « danse de St Guy », qui propose dans son livre « L’épreuve du savoir » une «écologie du diagnostic», soit un questionnement sur le « comment » pour le médecin être à la hauteur de cette connaissance de l’avenir que lui donne la génétique et qui pourrait un jour tous nous concerner.

Le film : Gattaca (1997) d’Andrew Nicoll

Le titre du film, formé des seules lettres G, A,T, C, initiales des quatre bases composantes de l’ADN (Guanine, Adénine, Thymine, Cytosine), donne le ton d’un monde eugéniste où le génotype des enfants, conçus in-vitro, serait prédéterminé.

Synopsis

Dans le futur, Vincent Freeman a été conçu de manière tout à fait banale, mais il est né avec quelques imperfections qui, dans un monde soumis à une impitoyable sélection génétique, bouchent ses perspectives d’avenir. Néanmoins, ce jeune homme ambitieux rêve de participer à une mission spatiale. Il lui faut, pour cela, entrer à Gattaca, la base d’entraînement des futurs astronautes. Un jour, Vincent fait la connaissance de Jerome, un ancien athlète qui fut lui-même candidat à l’espace et dont un grave accident a ruiné les espoirs. Les deux hommes sympathisent. Vincent prend l’identité et l’apparence de Jerome et entre à Gattaca…
(Télérama)

Lire l’interview de Andrew Nicoll donnée à Télérama le 29 avril 1998.

Les intervenants

  • Nicole Biagioli
    Professeure, directrice du laboratoire I3DL Interdidactique, suite…
    La découverte de la structure de l’ADN par Crick et Watson date de 1953. Le film d’anticipation d’Andrew Nicoll date de 1997. Il a été depuis largement rattrapé par la réalité. Si le toponyme du lieu décrit : Gattaca, emprunte son nom à une séquence d’ADN, les patronymes des personnages (Freeman, Eugène, Morrow) reflètent eux la question éthique posée : la génétique supprime-t-elle la liberté ? Le film montre que l’on peut échapper à cette fatalité, en exaltant les deux forces de l’homme : sa finitude et sa volonté.
  • Arnold Munnich
    Pédiatre-généticien, créateur et chef du département de génétique médicale de l’hôpital Necker-Enfants malades de Paris, suite…
  • Françoise Philip
    Formation pluridisciplinaire (Philosophie, Théologie, Psychologie), formatrice d’adultes dans le secteur associatif, suite…
  • Alice Rivières (association DingDingDong)
    Patiente
  • Saïda Aouragh
    Patiente

Modération

  • Sabrina Sacconi
    Professeure de neurologie, CHU Pasteur Nice

Bibliographie conseillée

Toutes les vidéos de la conférence…

… sont consultables sur la chaîne « Youtube MMC »…

Partager cet article...