Retour en image | Concert jazz : Franck Amsallem Trio 

Le 1er mars, la Maison de la Médecine et de la Culture a accueilli le Franck Amsallem Trio pour une soirée de jazz intense réunissant Franck Amsallem au piano, Philippe Brassoud à la contrebasse et Alain Asplanato à la batterie. À travers des cover tunes — ces morceaux composés par d’autres — le trio a su imprimer une signature personnelle dans un répertoire pourtant largement interprété par les plus grands, confirmant la place de Franck Amsallem comme passeur et figure majeure du jazz contemporain. Dans le cadre du cycle « Musique et Santé », le concert s’est prolongé par un atelier d’écriture inspiré de la médecine narrative, invitant les participants à réfléchir à partir de l’écoute musicale autour de ces questions et à partager les résonances personnelles suscitées par ce concert en trio :

« Et vous, quand ça ne va pas, que faites-vous ? Est-ce que vous écoutez une musique du dernier CD de Franck Amsallem ? et qu’a provoqué chez vous l’écoute de ce concert en trio (Franck Amsallem, Philippe Brassoud, Alain Asplanato) ?»

Les textes nés de cet atelier ont témoigné de la manière dont la musique peut devenir un espace d’apaisement, de mémoire et d’expression du vécu, prolongeant l’expérience musicale par une mise en mots sensible et collective.

Atelier inspiré de la médecine narrative à partir des consignes suivantes : « Et vous quand ça ne va pas, que faites-vous ? Est-ce que vous écoutez une musique du dernier CD de Franck Amsallem ? et qu’a provoqué chez vous l’écoute de ce concert en trio (Franck Amsallem, Philippe Brassoud, Alain Asplanato) ? »

Partage des textes issus de l’atelier :

Dans cette époque trouble où la violence et la haine atteignent des niveaux alarmants, le questionnement nous propulse vers un état anxiogène. Pour atténuer ce stress, je cherche des instants de partage où le positif est la tendance. Le concert de ce dimanche soir est le parfait exemple de communication qui apaise les angoisses. Je n’adhère à aucune obédience religieuse quand je ressens un certain malaise. Je me réfugie dans une petite chapelle de mon village où des chants grégoriens sont diffusés et le relativisme me gagne. Je sors le cœur léger. Merci à l’organisateur et aux musiciens pour ce moment de partage et de bonheur.

La communication non verbale- l’écoute active-l’intention de l’autre-l’adaptabilité qui découle de l’écoute active- la joie collective-créer une atmosphère et y faire plonger l’autre.

Quand la tête est pleine de bruits désagréables, pleine de désordre, je dois la nettoyer, l’aérer et c’est immédiatement à Bach que je pense, aux « Suites pour violoncelle » – les notes me lavent, me dépoussièrent, me donnent une nouvelle énergie. Ce soir, c’est l’émotion douce de la musique d’Hélène qui, par sa tristesse, secoue les restes de tristesse qui se cachent toujours dans des recoins. Et puis, il y a aussi les notes qui se bousculent, courent, s’échevelant et qui secouent ce qui est morose, triste, décollent ce qui peut coller à l’âme et qui n’est pas très beau.

Pour moi, la musique est un appât de joie et de bonheur. Une thérapie pour oublier pendant la durée d’un concert les difficultés de la vie sur terre. Aujourd’hui se prépare une nouvelle guerre dans notre monde- puissent-ils un jour unir leurs forces pour un concert pour la paix…

Cette musique me rappelle que tout ne doit pas être contrôlé. Le jazz accepte l’imprévu. Je transforme l’erreur en beauté. Ce concert me donne envie de faire confiance au moment présent et de laisser la vie improviser un peu plus. Merci beaucoup.

Le silence est d’or. Comment le son, vibration de l’instant, crée-t-il la mélodie de l’instant ? Combien la puissance, le doigt sur l’outil instrumental choisit-il sa note ou pas ? Va-t-il créer cette mélodie qui fera ou pas vibrer le cœur des hommes ? Humanité ? Le son qui guérit ? L’intellect ? Majestueux et son mystère ? Gardons le cœur ouvert quelques soient les intempéries.

Quand je ne vais pas bien, j’écoute des chansons françaises tristes comme « Avec le temps » ; « Ne me quitte pas » ; « Voir un ami pleurer »  et aussi «  La mort de Didon » de Purcell ou «  Alfonsina y el mar ». Je pleure, je vide mon sac de larmes et ça va beaucoup mieux ! La musique est non seulement ma vie mais aussi mon médicament.

Avec la musique d’un «  Été 42 » me revient un souvenir personnel de l’avant-première du film « Yentl » où était invité Michel Legrand avec lequel je vécus un moment de complicité…Les souvenirs défilent.

Écouter et être proche des musiciens, c’est un bonheur et un honneur. C’est une magnifique parenthèse qui m’a apporté beaucoup de joie. Vive la musique ! Vive le jazz !

Le bien, la famille, la musique, la nature, les amies sincères, la beauté en général, les échanges, les animaux.

J’essaie de rester spontanée. D’abord, face à une consigne qui me prend au dépourvu. Une consigne volontairement vague, imprévisible-qui casse les codes comme le stress qui vient souvent sans prévenir. Alors, j’ose prendre ce stylo et dépasser quelque chose, comme j’ose parfois avancer en acceptant que le stress soit à mes côtés, même s’il ajoute parfois quelques fausses notes.

« Faire souffler le vent des primaires » Nous étions nombreux ce soir à venir écouter cette musique live. Nous en avons retiré des plaisirs différents. Quand je ne vais pas bien. Je cherche à faire ce qui me donne de l’énergie sans recherche de résultat. Faire pour le plaisir de faire. C’est ce que l’on appelle les motivations primaires. Il n’y a plus de notion de performance mais de plaisir et le plaisir donne de l’énergie. Ce soir, ce groupe nous a donné à tous de l’énergie par des façons très différentes. Certains auront apprécié la notion de partage, certains auront apprécié d’apprendre quelque chose, de découvrir de nouvelles choses ; d’autres auront nourri leurs sens.

Pour moi , quand des musiciens arrivent à produire un swing décontracté, ample et généreux comme nous l’avons entendu ce soir sur «  Un été 42 » , cela me fait le même effet que la  bonne respiration apaisante que j’ai l’habitude de pratiquer avant un événement important.

« Unforgettable » c’est un titre de l’album de Franck qui me fait penser à une anecdote racontée par Christian Bobin à l’occasion de la sortie de son ouvrage « La présence pure » dans lequel il partage des textes et des émotions qui l’ont traversé lors des rencontres avec son père atteint de la maladie d’Alzheimer. Il nous partage l’espoir en l’humanité de son père vidée de ses oripeaux sociaux à l’occasion des visites régulières à l’Ehpad dans lequel son père un jour le présentait aux autres résidents comme « l’Inoubliable » alors qu’il ne retrouvait pas son prénom… »Unforgettable »