Pierre Marcus feat. Gábor Bolla – Musique, improvisation et écriture
Dans le cadre de ses événements « Art & Soin », la Maison de la Médecine et de la Culture a accueilli, le dimanche 27 septembre, une rencontre musicale exceptionnelle avec Pierre Marcus à la contrebasse, Gábor Bolla au saxophone ténor et Laurent Sarrien à la batterie.
Le trio a proposé une soirée placée sous le signe du jazz, de l’improvisation et de l’écoute, offrant au public un moment musical intense et sensible.
Du soin apporté par la musique au soin apporté par les mots partagés
Après le concert, la soirée s’est poursuivie par un atelier d’écriture inspiré de la médecine narrative, en musique, avec Pierre Marcus à la contrebasse et Laurent Sarrien à la batterie.
Écrire en musique et en réaction au concert, laisser surgir une image, une émotion, un souvenir ou simplement quelques mots : l’atelier invitait chacun à accueillir ce qui venait, sans rechercher nécessairement une forme littéraire particulière.
Les textes ont ensuite été lus à tour de rôle.
Dans cet espace où se rencontrent musique, écriture et soin, chacun a ainsi pu transformer son expérience de la soirée en une parole singulière, véritable cadeau offert aux musiciens et à toutes les personnes présentes.
Les textes de l’atelier
Nous vous proposons de découvrir ci-dessous quelques-uns des textes écrits au cours de cet atelier.
Je me souviens quand j’ai entendu cette chanson et une saxophoniste m’a demandé si je pouvais la chanter, j’étais très excitée pour le faire. Parce qu’une chanteuse que j’adore a écrit le texte pour Charlie Haden. Ça fait longtemps que je l’ai entendue. Merci pour cet exercice Jean-Michel. Quand les étoiles étaient là, c’était la première chanson qui était là. Il y a 2 titres: « First song » et « For Ruth ».
Mélodies. Le plus merveilleux, c’est quand la mélodie te pénètre et rattrape ta mélodie, celle de ta vie, qui peut être brisée tant de fois… Quand tu n’entends plus ta mélodie, c’est que quelque chose est rompu. Mais ÉCOUTE, ÉCOUTE ici ou là, un jour ou l’autre, tu percevras une mélodie qui se fondra à la tienne. Celle que tu avais oubliée, mais…elle est toujours là, vibrante et résonnante. Elle renaît et reprendra son essor. Force de vie, force d’amour, Alléluia. Hamdoullah. Merci les anges.
La musique et, en particulier celle de ce soir, me fait toujours voyager. Oui, j’adore le voyage et, quand il est musical, c’est vraiment mieux. Lors de mes pérégrinations, si j’entends de la musique, je vais écouter et voir. Et des différents voyages que j’ai pu faire, il est toujours question de musique programmée ou improvisée. Quelle bonne idée que d’écrire sur un fond musical. J’aimerais que cela ne s’arrête pas.
Dans ses orchestres, le batteur est toujours à réserve, à part. Il s’amuse beaucoup, rebondit, prolonge, renvoie les notes des instruments qui l’entourent. On dirait toujours qu’il improvise. Il a souvent les yeux rieurs et rêveurs. Ses mains paraissent agir seules, en cachette, en surprise, comme si elles n’appartenaient pas au musicien mais à la musique qui se joue comme toute seule. Batteur et autonomie ? Batteur et adaptation ? pour un autre atelier.
Merci Musiciens. Vibration, percussion et rythme avec une harmonie complice. Âme, corps, esprit en résonance sur une lecture intime. Cueillir l’écume de mes réactions épidermiques pour une maïeutique, accouchement émotionnel qui « desserrent « mes frustrations du jour, mes insatisfactions, mes tâtonnements. Oui, merci pour toujours à nos musiciens, les thérapeutes sensoriels de nos âmes vagabondes.
Unique et authentique. « Les meilleurs moments sont ceux qu’on ne connaît pas encore » : Cette phrase dicte ma vie. Elle vient d’une chanson polonaise. Pourquoi ? Parce que mes parents sont polonais. Mon père aurait adoré ce moment. Ce moment où on s’oublie et transporté. Transporté où ? Ça c’est la question dont je ne veux pas trouver la réponse. Car à vouloir trop comprendre, on ne se laisse pas libérer de nos pensées qui nous pèsent. La musique est mon échappatoire. Merci pour ce moment d’ailleurs.
Générosité, liberté, beauté, espoir. Mon père Paulo ouvrant le coffre de son ami 6, avenue Borriglione, à l’angle de la rue Puget, le tram n’existait pas encore, et offrant des jouets aux enfants qui passaient surprenant les parents. Mon père riait aux anges puis montait ensuite à la maison tout coffre ouvert. Je comprends mieux pourquoi j’aime tant donner et accueillir. Quel miracle ce soir que cette musique et ces musiciens! Un cadeau qui va se poursuivre bien au-delà de la soirée
Ces écrits constituent autant de traces singulières de cette soirée et témoignent de la manière dont une expérience artistique peut faire émerger des images, des émotions et des récits différents pour chacun.
Merci aux musiciens, aux participants et à toutes les personnes présentes pour ce moment de partage.
La Maison de la Médecine et de la Culture poursuit ainsi son exploration des liens entre art, santé, expérience vécue et relation à l’autre.

